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Dingbat - N° 2

N°2-"Chocking Chair - Pachuca",  2012, acrylique sur toile, 195 x 160 cm.

 

« Tant que vit la créature

Elle doit porter ses propres vertèbres,

Les ondoiements se jouent

De l'invisible colonne vertébrale.

Tel un tendre cartilage d'enfant,

Voilà comme est le siècle nouveau-né de la terre.

 

Pour libérer le siècle dans les chaînes

Pour donner un commencement au monde nouveau

II est besoin de joindre à la flûte

Les genoux noueux des jours.

 

Mais elle est brisée ton échine

Mon pauvre siècle abasourdi.

Avec un sourire insensé

Comme un fauve naguère souple

Tu te tournes vers l'arrière, débile et cruel,

À contempler tes propres traces.» Alain Badiou, Le Siècle. (1).

 

N°2 - A- Pluie d'or.

La peinture intitulée "Chocking Chair - Pachuca",  représente une jeune femme allongée dans un fauteuil pliant appelé "Relax multipostion" ; elle lit une revue féminine style "Enfant magazine". Sa main gauche surgit de derrière la revue, ouverte au ciel.

Le Relax est un objet typique des  années 1950/60, il était utilisé comme technique de relaxation corporelle et cachait souvent une gestion du stress souvent lié aux année de guerre vécues dans la décennie précédente. Les hommes et les maris plus précisément craignaient beaucoup l’hystérie féminine que personne ne comprenait vraiment à l’époque. Le terme d'hystérie vient du médecin Hippocrate de Cos (-460 à -370), il est dérivé du mot grec hystera, signifiant l’utérus, c’était tout dire. Dans "La Timée", Platon (-428à-348) en parle ainsi : « L'utérus est un animal qui désire engendrer des enfants. Lorsqu'il demeure stérile trop longtemps après la puberté, il devient inquiet et, s'avançant à travers le corps et coupant le passage à l'air, il gêne la respiration, provoque de grandes souffrances et toutes espèces de maladies. »

Mais revenons à notre peinture, à gauche de la composition, derrière un bac à plantes vertes rempli de lierres est érigé un totem en bois peint représentant 3 chimpanzés montés tous trois, l’un sur l’autre. Le premier, se ferme la bouche des deux mains, le second se ferme les yeux et le troisième se ferme les oreilles de la même manière. Cette représentation serait le symbole fétiche des "businessperson" (business-man, or business-woman) de tous poils.

Au sol, une moquette à carreaux vert et rose est couverte de pièces  plus ou moins dispersées ou parfois organisées en piles. Deux pommes sont par terre également, elles doivent sûrement provenir d’une des sacoches du Relax qui en est remplis.

La présence du fruit défendu consommé par Adam et qui lui serait « resté en travers de la gorge », nous fait tout de suite penser que la femme du "Relax multiposition" serait une Ève du XX e. siècle. Mais, nous écartons tout de suite cette hypothèse car nous savons aujourd’hui que le mot pomme serait du à une erreur de traduction, le mot latin "poma" signifiant fruit dans son sens général.

Cette scène d’intérieur est fermée par une tenture noire décorée d’une double frise de motifs géométriques blancs jusqu’à mi-hauteur du tableau.

En remontant le regard, on constate que s’étend à perte de vue, les constructions d’une espèce de favela, il s’agit de Pachuca (argent) une ville minière mexicaine, appelée aussi "The Cradle of soccer" à Mexico à cause de la passion locale pour le foot.

Une pluie de pièces d’argent et d’or tombe sur l’ensemble du tableau.

Le souvenir de comptabilité organisé en accumulation de pièces en piles sur le sol, nous permet de déduire que la chute de cette manne monétaire se répète.

La dame au Relax serait alors peut-être Danaé, fille d’Acrisios et d’Eurydice, enfermée dans une tour d’airain par son père parce qu’averti par un oracle que son petit-fils le tuerait.  Mais…, Zeus se présenta pour séduire la belle sous la forme d’une "pluie d’or" et c’est ainsi que naquit Persée…

Si on observe bien ces pièces en train de tombées ou déjà tombées du ciel, on s’aperçoit que se sont des euros. Au sol quelques-unes de ces pièces sont marrons foncés, ce qui nous fait pensé que toutes cette monnaie est peut-être en chocolat.

Mais alors, les pommes seraient-elles aussi fausses, des pommes d'or, comme celle du jardin des Hespérides ? Celles qui firent l’objet du Onzième des travaux d’Hercule : Rapporter les pommes d'or du jardin des Hespérides que gardait Ladon, le dragon doté de 100 têtes, chacune parlant une langue différente ?

A moins qu’il ne s’agisse de la pomme de discorde lancé par Éris pour se vengé de n’avoir pas été invité aux noces de Pélée et Thétis sur l’Olympe. « Pour la plus belle » dit-elle en direction de Héra, Athéna et Aphrodite qui revendiquent alors toutes le fruit. C’est Pâris, fils de Priam, roi de Troie qui tranchera par son jugement sur le mont Ida en choisissant Aphrodite qui lui avait promis l’amour de la belle Hélène. L’enlèvement d’Helène à Ménélas roi de Sparte déclenchera la "Guerre de Troie" selon le "serment de Tyndare" aussi  appelé "coalition des cocus".  Tyndare ayant eut lui-même, son épouse Léda séduite par Zeus déguisé cette fois-ci en cygne et qui lui donna d’un même œuf Pollux et Hélène.

Comment s’y retrouver dans tout ces mythes ? je suis paumé !

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