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AÏON - N° 7

N° 07-"Lou", 2020, acrylique sur toile, 195 x 195 cm.

« Je ne puis conformer ma vie à des modèles et ne pourrai jamais constituer un modèle pour qui que ce soit; mais il est tout à fait certain, en revanche, que je dirigerai ma vie selon ce que je suis, advienne que pourra. » Lou-Andréas Salomé.

 

Soi qui tu es !

La peinture intitulée "Lou",  en contient deux. Les deux œuvres sont séparées par un toit sur lequel est accroché un panneau portant des lettres de néon indiquant : "le bistrot du Zoo".

En haut le ciel : une sorcière, vole assise à califourchon sur son balai en rameaux de bouleau. En arrière plan un avion de chasse russe Soukhoï Su-28 Flanker, fait la course.

En bas la terre : un bâtiment aux baies et portes vitrées, nous montrent une grande salle entièrement vide. L’accès est protégé par des barrières mobiles en tubes métalliques galvanisés devant lesquelles coure de droite à gauche un loup, tandis qu’un autre loup à gauche est arrêté regardant à l’intérieur du local un dernier loup qui semble attendre l’arrivée de ses congénères. Au centre de la façade est collée l’image d’un personnage en blouson de cuir noir dont le bas du corps est drapé dans une toge. Sur la porte vitrée de gauche est collée une affiche noir & blanc représentant Lou Andréas Salomé (1861/1937) telle qu’elle était en 1897 à 36 ans. Un masque grotesque de Dionysos en terre cuite est posé au sol.

Dans le bistrot une perspective linéaire nous enfonce dans différents niveaux de lecture en zigzag comme autant de palier dans la profondeur de champs, jusqu’au ciel qui apparaît au fond derrière une haie d’arbuste. Nous sommes au zoo de Vincennes.

Un zoo est une sorte de musée des espèces animales sauvages.

Le parc zoologique de Paris, anciennement parc zoologique du bois de Vincennes et couramment appelé zoo de Vincennes, parc zoologique du Muséum national d’histoire naturelle, situé dans le 12 e. arrondissement  de Paris, où il couvre une superficie de 14,5 hectares dans l'ouest du bois de Vincennes. Conçu en 1934, en complément de la ménagerie du jardin des plantes, ce zoo a pour vocation l'observation du comportement animal en captivité et la reproduction d'espèces menacées dans leur milieu d'origine. Dès son ouverture, il est remarqué pour son grand rocher artificiel, haut de 65 m, décor emblématique visible de loin et populairement nommé le Grand Rocher.

Jean-Bernard a toujours eut ses ateliers dans le 12 e. ou 11e. arrondissement et a passé beaucoup de temps à flâner dans ce jardin zoologique. Le parc, devenu vétuste et trop exigu pour ses pensionnaires, a été fermé de novembre 2008 à avril 2014. C’est au moment de cette fermeture que Jean-Bernard Pouchous a documenté cette peinture. Les travaux de rénovation, commencés le en décembre 2011, ont duré près de deux ans et demi et c’est un zoo tout neuf qui a fêté ses 80 ans le 2 juin 2014.

L’Anthropologie dogmatique est une discipline dont le propos est de sonder les fondements de la civilisation occidentale telle qu’elle a  été élaborée et définie par Pierre Legendre  (1930/…). Le mot dogme signifie pour lui plutôt l'opinion, le récit d'un rêve, la décision, et n'a rien à voir avec une déclaration rigide de présupposé bien arrêtés en vérité absolue. Jean-Bernard Pouchous apprécie tout particulièrement dans le travail de cet historien du droit et psychanalyste la place à accorder aux emblèmes dans la société occidentale, qui peut être pensée au plus près grâce à la prise en compte de la théâtralité des représentations de l'humain.

« Cependant, l’homme veut expérimenter l’Abîme, il transgresse. La Fabrique de l’homme n’est pas une animalerie. La justice soumet la transgression à la parole.

Ainsi s’organisent le droit et la morale.

Voyez l’histoire des danses et de l’aéronautique, qui furent de grandes transgressions dans la civilisation européenne.

Il était illégal de danser, comme il fut illégal de tenter de s’élever dans les airs. La morale y voyait la magie.

L’Europe a cru qu’il y avait là une subversion de la Nature par l’homme, une désobéissance à Dieu : l’animal bipède sans ailes ne peut s’élever au-dessus du sol – danser ou voler -, si ce n’est au jour de sa mort, quand l’âme prend son envol.

Et pourtant, l’Occident a conquis de danser, comme s’est accompli le projet de Léonard de Vinci annonçant l’aviation : « Le grand oiseau prendra son premier vol… « emplissant l’univers de stupeur… » » (1).Bibliographie :

10-1- Pierre Legendre, La fabrique de l’homme occidental, éd. Mille et une nuits, 2020.

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