PORTRAIT - N° 8 - 7

- N°8-"Dankner", 2016, acrylique sur toile, 81 x 60 cm.

« Le châtiment de la cuisson appliqué aux imposteurs

Chaque fois que les gens découvrent son mensonge,

Le châtiment lui vient, par la colère accru.

" Je suis cuit, je suis cuit ! " gémit-il comme en songe.

Le menteur n'est jamais cru. » Alphonse ALLAIS (1854-1905)

N°8- La belette!

  La peinture intitulée "Dankner", représente Michel Dankner (1942-…) peintre et poète. Cet artiste fait une peinture très délicate d’où surgit comme dans un rêve un érotisme étrange. Jean-Bernard Pouchous a connu Michel Dankner au Salon d’Automne au sein duquel il préside la section "Emergence", alors que Pouchous y présidait la section "Figures et essais".

« Lorsque Dali peint une grenade, un poisson, un tigre, un éléphant, une baïonnette, une guêpe et une femme endormie, rien de très surréaliste là-dedans. Mais lorsque la baïonnette (idem la piqûre de la guêpe) vient piquer la belle endormie, baïonnette poursuivie par les deux tigres, sortant de la gueule du poisson, lui-même sortant de la grenade éclatée, alors tout change d’un coup.

Le surréalisme n’est en fait que la résultante de la rencontre fortuite d’éléments somme toute très banale. » Michel Dankner, 2011.

  Il s’agit d’un portrait.

 Au premier plan nous voyons une belette agrippée au sommet d’un poteau de bois. La Belette, est normalement un petit mammifère  carnivore d'Europe mesurant environ 20 cm pour moins d'une centaine de grammes seulement. Elle a un long corps fin, qui lui permet de se faufiler dans un trou pas plus gros qu'une pièce de 2 euros d’ouverture. Mais là, notre « Belette » à une présence métaphorique pour désigner affectueusement une jeune fille ou une femme charmante, dont m’a si souvent parlé Michel Dankner.

  En "background" est représenté un lieu purement "poétique" de la  Delph du XVIIe. Siècle, inspiré de ”La Ruelle” (1667/1668), une huile sur toile (54,3 × 44 cm.), peinte par Johannes ou Jan Van der Meer, dit Vermeer ou Vermeer de Delft (conservé au Rijksmuseum, d’Amsterdam. Dankner est un grand amateur de cet artiste du XVIIe. Siècle, dont il m’a si souvent venté les mérites lors de nos visites communes d’expositions ou de musées. Ce serait, selon lui, le plus grand artiste de tout les temps avec Rembrandt van Rijn (1606-1669).

  Vermeer a été baptisé à Delft le 31 octobre 1632, et inhumé dans cette même ville le 15 décembre 1675, son œuvre est classée parmi la peinture baroque néerlandaise (1). Avec une production évaluée à quarante-cinq tableaux maximum en vingt ans, l’œuvre de Vermeer, après sa mort, a souffert d'un certain oubli de la part des historiens d'art, et occuper une place mineure dans leurs ouvrages. Surnommé le « Sphinx de Delft », l’artiste est resté longtemps dans l'ombre des grands maîtres du XVIIe siècle. Son œuvre, traverse le temps grâce aux rares collectionneurs éclairés qui conservèrent ses tableaux, principalement peints sur de petits formats. Vermeer est redécouvert au XIXe siècle, par le critique d'art et journaliste français Théophile Thoré-Burger (1807-1869) grand défendeur du réalisme en peinture notamment de Jean-François Millet (1814-1875) et Gustave Courbet (1819-1877). Ce critique lui consacre une série d'articles publiés dans la Gazette des beaux-arts et son art est enfin reconnu par les impressionnistes, et  Marcel Proust (2).

  Tout le monde connaît aujourd’hui "La Dentellière" (1669/1670), conservée au musée du Louvre, et encore plus "La Laitière" (1658/1661), conservée au Rijksmuseum d’Amsterdam, car une marque s’en est emparée : La Laitière. Produit apparu sur le marché en France en 1973 par la sortie du premier yaourt nature au lait entier en pot de verre, commercialisé par Chambourcy, filiale du groupe Nestlé. 

« La Laitière, un chef-d'œuvre de Chambourcy ».

- N°8-"Jean-Bernard Pouchous", 2016, technique mixte sur papier, 38,5 x 25,5 cm.

« Sans transgression de la norme, il n'y a pas de progrès possible. Mais avant de chercher à transgresser efficacement, on doit au moins s'être familiarisé avec la règle, avec la norme dont on veut s'écarter.» Frank Vincent Zappa (1940-1993)

N°8 - Jean-Bernard Pouchous.

  L'oeuvre intitulée "Jean-Bernard Pouchous", représente Jean-Bernard Pouchous photographié, peint et dessiné par Michel Dankner (1942-…), un échange de bon procédé entre artiste, chacun faisant le portrait de l'autre dans sa manière du moment.

2016, Jean-Bernard Pouchous.

 

- N°7-"Noël Coret - àLArM", 2013, acrylique sur toile, 81 x 60 cm.

«Lam, c’est aussi l’âme de ce temps dans son combat pour la justice, pour la libération des réalités longtemps opprimées», Max-Pol Fouchet (1).

7-Noël Coret - àLArM

  La peinture intitulée "Noël Coret - àLArM", représente le portrait en buste de Noël Coret président du Salon d’Automne au moment de l’exécution de l’œuvre en 2013. Au premier plan il y a deux objets, un téléphone urbain à pièce des années 60 et une alarme  des années 2000. En arrière plan est représentée une partie de l’œuvre de Wifredo Lam intitulée "La géométrie dans la tête", 1969, huile sur toile (60x54 cm.), œuvre qui à été reproduite en

couverture du catalogue du Salon d’Automne 2004 - "salue les Amériques ! " (2). Noël Coret (1953-…) a été Président du Salon d’Automne de 2004 à 2014, il avait rédigé "L’art en effervescence - 100 ans de Salon d’Automne 1903-2003" (3) pour le bicentenaire de cette société d’artistes. Enseignant, journaliste, conseiller artistique et écrivain d’art spécialiste du 19e. siècle, il a écrit notamment "Autour de l’impressionnisme, Les peintres de la vallée de la Marne" (4). Il se trouve que nous nous sommes connus dans les années 70, alors que nous étions étudiants, car je lui avais cédé ma tournée de vendeur de journaux à la criée sur les Champs Elysées, petit boulot qui m’avait bien aidé à financer mes études aux Beaux-arts de Paris. Autre coïncidence, lors d’une conversation au cours de nos retrouvailles en 2004 au Salon d’Automne, nous avions constatés qu’il y avait de forte de chance pour que nos mères fussent institutrices dans la même école au Nouvion en Thiérache au début des années 50. Pendant sa présidence au salon d’Automne et avec une certaine complicité, j’ai soutenu son activité en devenant respectivement, trésorier adjoint, président de section (Figures et essais),  vice-président, ce fut une aventure pesante et profondément ennuyeuse qui prit fin avec sa présidence. En 2013, Noël Coret avait décidé de mettre fin à sa fonction et j’ai fait ce portrait pour marquer cette initiative et la peinture fut exposée au Salon 2014. Finalement sa présidence se prolongea jusqu’en 2014, faute de candidat à sa succession.

  Avec ce titre "Noël Coret - àLArM", par " àLArM" il faut comprendre plusieurs mots dont "larme", "Alarme" et l’indication "à  LAM".

ATTENTION « as if »

  D’abord "larme" au singulier exprime ma tristesse d’alors et le deuil à faire de toute aventure humaine. Tout à une fin !

ATTENTION personnalité "comme si"

  "Alarme" signifiait  au sens propre un signal avertissant d’un danger afin de provoquer une réaction. L’alarme nécessite une connaissance préalable du danger. En effet il n’y a pas d’alarme tant que le danger n’est pas connu. Le terme provient de l’italien "all’arme", qui signifie littéralement aux armes. L’alarme pour prévenir des cambriolages est constituée par des détecteurs de mouvements placés aux entrées à protéger. Si elle est amorcée, toute personne qui pénètre les lieux dispose de quelques secondes pour composer un code permettant de la désactiver, faute de quoi une sirène se déclenche afin de faire fuir les intrus et de prévenir qui de droit.

  J’ai utilisé, à ma manière, cette sirène en présentant ma candidature à la présidence du salon en 2015 avec une profession de foi  ou programme de politique générale particulièrement éloquente (voire annexe*). Hélas, je ne pu participer à cette élection présidentielle et défendre mon point de vue car je fus exclu du débat par un premier vote qui renouvelle chaque année par moitié les membres du bureau. Election à bulletin secret que je savais se jouer sur un jeu de procurations, notamment celle des sociétaires étrangers (japonais) qui sont adressées au président sortant pour qu’il les utilise comme bon lui semble en les dispatchant par dizaine aux personnes de confiance pour garantir par pur conformisme la pérennité du système de cooptations de ce pouvoir en association sans but lucratif (1901) reconnue d’utilité publique.

  Enfin les mots "à  LAM" signifient un hommage à Wifredo Lam (1902-1982) (1)  artiste caraïbe par essence. Dans le catalogue du Salon d’Automne 2004 Edouard Glissant (1928-2011) (5) écrivain et poète français/martiniquais et promoteur du Musée Martiniquais des Arts des Amériques (M2A2) écrivait à propos de "La géométrie dans la tête" de Lam : « Qui a concilié, c'est-à-dire recréé, avec générosité cérémonielle, les formes de l’imaginaire africain et celles de l’emmêlement caraïbe, à même les démantèlements les plus translucides dont nous ayons charge ».

  Pendant le salon, un débat au sujet de l’art et de la poésie créole des Amériques m’avait fortement intéressé par la présence charismatique de Patrick Chamoiseau (1953-…) écrivain français/martiniquais théoricien de la créolité qui a notamment écrit "Texaco", Prix Goncours 1992 (6) et "L’Empreinte à Crusoé" (7).

ATTENTION faux self. 

  Le téléphone public (payphone) des années 50 représenté dans "Noël Coret - àLArM", est de marque "Skype" ; nom qui est aussi celui d’un logiciel gratuit qui permet aux utilisateurs de passer des appels téléphoniques et vidéo via internet ainsi que le partage d’écran. Les appels d’utilisateurs à utilisateurs sont gratuits, tandis que ceux vers les lignes téléphoniques fixes et les téléphones mobiles sont payants. Cette métaphore me permet ainsi de dire sans que tout cela soit trop téléphoné ce que je pensais alors de toute cette aventure au Salon d’Automne et de son dénouement tant à mon implication militante.

« Le hasard, c'est peut-être le pseudonyme de Dieu quand il ne veut pas signer. » Théophile Gautier.

8-*Annexe :

Paris le 28 Janvier 2015

Objet : 2015 - Candidature à l’élection du Président du Salon d’Automne

Profession de foi  ou programme de politique générale :

Jean-Bernard Pouchous, outre son expérience, ses connaissances, son érudition, ses compétences en production, gestion et réalisation artistique, a un redoutable esprit de synthèse doublé d’une autorité naturelle distanciée. Disponible, travailleur et en bonne santé, il mettra son esprit d’initiative au service du Salon d’Automne, certes avec humour mais aussi avec beaucoup de fermeté et de gentillesse. Pour avoir des amis et gagner avec eux ce challenge, il faut bien cerner l’adversaire. L’ennemi reste avant tout en nous même, surtout aujourd’hui où, dans notre société contemporaine l’artiste est devenu souvent un imposteur : faire prévaloir la forme sur le fond, valoriser les moyens plutôt que les fins, se fier à l'apparence et à la réputation plutôt qu'au travail et à la probité, préférer l'audience au mérite, opter pour le pragmatisme avantageux plutôt que pour le courage de la vérité, choisir l'opportunisme de l'opinion plutôt que tenir bon sur les valeurs, pratiquer l’art de l'illusion plutôt que s'émanciper par la pensée critique, s'abandonner aux fausses sécurités des procédures plutôt que se risquer à l'amour et à la création. Est-ce le milieu où nous désirons  prospérer ?

Notre quotidien tissé de normes, même travestie sous un hédonisme de masse et fardée de publicité tapageuse, fabrique des artistes martyrs de notre environnement social, maîtres de l'opinion, éponges vivantes des valeurs de l’actualité, fétichistes des modes et des formes. L’artiste vit à crédit, au crédit de ses ancêtres. Frère du conformiste, l'imposteur est parmi nous. Il emprunte la froide logique des instruments de gestion et de procédure, les combines de papier et les escroqueries en ligne, les usurpations de crédits, les expertises mensongères et l'hypocrisie des bons sentiments. De cette civilisation du faux-semblant, notre démocratie de caméléons est malade, enfermée dans ses normes et propulsée dans l'enfer d'un monde postmoderne qui tourne à vide, désenchantée. Seules l'ambition de la culture et l'audace de la liberté partagée nous permettront de créer l'avenir.

Sachant maintenant ce que nous voulons, les propositions que je formule pour ma candidature sur l’avenir de notre société d’artistes deviennent simples, elles seront essentiellement dirigées vers les artistes exposants, le sociétariat et le comité. Le bureau sera l’instance exécutive qui dans un esprit de démocratie participative et de dignité, mettra en valeur l’excellence et l’engagement de chacun.

Nous valoriserons ensemble le fond par rapport à la forme, les fins plutôt que les moyens, le travail et la probité, le mérite, le courage de la vérité, nous tiendrons bon sur nos valeurs en nous appuyant sur l’expression de notre pensée critique.

Risquons l'amour et la création.

2014 - Jean-Bernard Pouchous.

Bibliographie :

7-1- Max-Pol Fouchet, Wifredo Lam, éd. Cercle d’Art, 1998.

7-2- Catalogue du Salon d’Automne 2004 - "salue les Amériques !, éd. salon d’Automne, 2004.

7-3- Noël Coret, "L’art en effervescence - 100 ans de Salon d’Automne 1903-2003", éd. Casta Diva, 2003.

7-4- Noël Coret, "Autour de l’impressionnisme, Les peintres de la vallée de la Marne, éd. Casterman, 1996.

7-5- Edouard Glissant, Tout monde, éd. Gallimard, coll. Folio, 1995.

7-6- Patrick Chamoiseau, Texaco, éd. Gallimard, Coll. Folio, 1994.

7-7- L’Empreinte à Crusoé, éd. Gallimard, colle. Folio, 2013.

8-1. Renzo Villa, Paola Rossi, Vermeer : L’œuvre complet, éd. Silvania, 2012.

8-2. Marcel Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs, 1919.

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