Croquis

N°3-Croquis A3

« La main est l’instrument des instruments. » Aristote (1).

 

N°3 - La beauté, une idée spirituelle.

  Un croquis rapides comme celui intitulé "Portrait de Socrate" a été réalisés au Musée du Louvre (2). Il aurait tout aussi bien pu être dessiné à l’époque sur le quai de la station de métro Louvre car une copie en plâtre du buste du philosophe se trouvait aussi dans une vitrine de cet arrêt ligne N°1, quai direction Neuilly. Jean-Bernard Pouchous va au musée comme un sportif au gymnase, un docteur à l’Académie, un élève au lycée, un philosophe au jardin, pour s’entraîner artistiquement, se maintenir en forme, cultiver son coup de crayon, mais aussi pour réfléchir et penser. Là, quand il dessine l’artiste s’intéresse forcément à la philosophie, notamment à Socrate (-470 à -399), même si c’est avec un certain recul (un mètre soixante). Cette "taille directe" a par exemple été dessiné selon deux points de vue différents en essayant d’attraper ce qu’a bien voulu exprimer du philosophe, le sculpteur qui a taillé ce marbre qui n’est peut-être qu’une réplique d’un modèle plus ancien, etc...

  On en revient toujours à cet affrontement à propos des arts qui avait opposé à la renaissance, la Florence néo-platonicienne à la Venise aristotélicienne.

  Qu’elle est ce conflit qui opposa la beauté comme une idée spirituelle, à la beauté comme étant substantielle, voir  matérielle. Le débat d’Aristote accompagna-t-il Titien comme celui des néo-platoniciens accompagna Michel-Ange ? L’homme politique, écrivain et poète, Dante Alighieri (1265-1321) passe pour être l’un des pères de la renaissance italienne avec  son oeuvre "La divine comédie" (3). En 1300, la Terre est fixe au centre de l’Univers, entourée de neuf cieux. Le Diable est au centre de la Terre. Sa chute a creusé une cavité conique dont l’axe passe par Jérusalem, c’est l’Enfer. Un chemin caché mène de la demeure du Diable à une île, diamétralement opposée à Jérusalem, où s’élève le Purgatoire. Le Purgatoire est surplombé par le Jardin d’Eden. Le héros de cette histoire est Dante lui-même, accompagné par un guide nommé Virgile qui   le quitte pour retourner en Enfer, quand apparaît  Béatrice ; Celle-ci, vient chercher le poète (l’auteur) pour le "sortir vers les étoiles". Au Paradis, il croise de nombreux saints, là sont logés les hommes sans péchés selon leur mérite. Les apôtres du Christ interrogent Dante, qui répond justement à leurs questions, et passe à l’Empyrée (l’Au-delà). Là, Béatrice le quitte et c’est saint Bernard qui devient le dernier guide de Dante. Ce dernier, adresse une prière à la sainte Vierge  et finalement Dante s’éteint complètement en Dieu, l’« Amour qui meut le ciel et les étoiles ». Dans la "Divine Comédie" Dante précipite ses ennemis dans les enfers, plaque les indécis au purgatoire et dispose au paradis les plus hauts personnages du christianisme, son guide Virgile représente la raison naturelle, et Béatrice la théologie.

  En hommage à son ami Dante Alighieri, Jean Boccaccio dit Boccace (1313-1375) (4), en précurseur, écrivit en prose italienne et non-plus en latin comme il se faisait jusqu’alors, son fameux "Décaméron". C’est l’histoire très cocasse de 7 femmes et 3 hommes réfugiés dans une villa, aux environs de Florence, afin d’échapper à une épidémie de peste. Chacun d’entre eux racontera des histoires. Cette retraite bucolique, qui dure dix jours, donne naissance à cent nouvelles réalistes pleines d’esprit et de raffinement.

« La verità non sta in un solo sogno ma in molti sogni. » La vérité ne se trouve pas dans un seul rêve mais dans beaucoup de rêves. Pier Paolo Pasolini (1922-1975) (5) Sorti sur les écrans en 1971, Pasolini en fit un film, où,  y tient lui-même le rôle d’un disciple du peintre Giotto di Bondone (1267-1337) (6), dans une sorte de fil conducteur qui relie les dix sketches italiens.

  Giotto fit le portrait de Dante et dans le "Décaméron", Boccace écrit à propos de sa peinture: « Il possédait un génie si puissant, que la Nature, mère et créatrice de toutes choses, ne produit rien, sous les éternelles évolutions célestes, qu’il ne fût capable de reproduire avec le stylet, la plume ou le pinceau : reproduction si parfaite que, pour les yeux, ce n’était plus une copie, mais le modèle lui-même. Très souvent ses œuvres ont trompé le sens visuel, et l’on a pris pour la réalité ce qui est une peinture ».

  Un autre Toscan, Francesco Pétrarca dit Pétrarque (1304-1374) (7), passe pour être également l’un des pères de la renaissance. Comme Dante avec Béatrice, Pétrarque est passé à la postérité pour la perfection de sa poésie qui rime son amour pour Laure. Pour beaucoup, l’ensemble de sa gloire, l’essentiel de sa renommée, la portée de son influence, tant stylistique que linguistique, tiennent uniquement à un volume, son immortel "Canzoniere".  Avec Pétrarque apparaît ce que l’on appela "le projet humaniste". Ce que l’on sait moins c’est qu’il a découvert une sorte de pinceau, la première brosse a dent a poil tout en errant dans la polyphonie qui régnait au palais des papes d’alors, celui d’Avignon (8). Mais Avignon, objet de tant d’amour et de haine, permit surtout à Pétrarque de mener à bien un grand dessein qui occupa toute sa vie: « retrouver le très riche enseignement des auteurs classiques dans toutes les disciplines et, à partir de cette somme de connaissances le plus souvent dispersées et oubliées, de relancer et de poursuivre la recherche que ces auteurs avaient engagée ». Il a eu non seulement la volonté mais aussi l’opportunité et les moyens de mettre en œuvre cette révolution culturelle.

« L’aspiration à un monde idéal, soustrait à l’insuffisance de la réalité concrète, se trouve à la base de l’humanisme pétrarquiste: étudier l’antiquité par haine du présent et rechercher une perfection spirituelle que Pétrarque n’aperçoit ni en lui ni autour de lui. » Pier Giorgio Ricci (1922-1976) (9)

Pétrarque, parce qu’il n’aimait pas l’Avignon des papes ou parce que son égérie Laure ne l’aimait pas, se réfugia sur les berges de la Sorgue à la fontaine de Vaucluse : « Ici j’ai fait ma Rome, mon Athènes, ma patrie » (10 - 11).

  Avec ces auteurs  nous sommes dans l’univers de la Florence néo-platonicienne de la beauté comme une idée spirituelle. Dans la conception traditionnelle de la philosophie occidentale, la substance correspond à l’ "ousia" de la philosophie d’Aristote. Dans la tradition millénaire d’Aristote, ainsi que dans les traditions du début des temps modernes (XVI e. siècle) qui l’ont suivi, les substances sont traitées comme ayant des attributs et des modes.

La "Renaissance" était certes un retour à l’antique, mais dans un univers entièrement christianisé. Le point de vue aristotélicien considérait Dieu comme à la fois ontologiquement et causalement antérieur à toutes les autres substances. La substance est une notion employée dans le christianisme au sujet de l’eucharistie. Elle est l’un des concepts métaphysiques clés employés dans la philosophie scolastique. Cette philosophie résulte de la réconciliation entre la philosophie d’Aristote et la philosophie chrétienne, aux XII e. et XIII e. siècles. L’Eglise Catholique, qui parle de transsubstantiation, et d’autres églises, qui parlent plutôt de consubstantiation.

Jean-Bernard Pouchous - 2009.

N°2-Croquis A4

« Déesse chante-nous la colère d’Achille, de ce fils de Pélée, colère détestable qui valut aux Argiens d’innombrables malheurs, et jeta dans l’Hadès tant d’âmes de héros, livrant leurs corps en proie aux oiseaux comme aux chiens : ainsi s’accomplissait la volonté de Zeus. » Homère (VIII e. Siècle av. J.C.) (1).

 

N°2 - Homère, aveugle comme Oedipe et Tirésias.

  Un croquis rapides comme celui intitulé "Portrait imaginaire d’Homère" représente le célèbre poète antique. Homère est réputé pour avoir été un aède (poète) de la fin du VIII e. siècle av. J.C. C’est le premier poète grec dont les œuvres nous sont parvenues. On lui attribue la paternité de l’Iliade et de l’Odyssée et l’œuvre épique comique Batrachomyomachia, littéralement traduit par: "la bataille des grenouilles et des rats" (2), parodie de l’Iliade… Jean-Bernard Pouchous a entre autre dessiné au Louvre la sculpture intitulée "Portrait imaginaire d’Homère", le sculpteur dans cette œuvre  confirme la thèse selon laquelle Homère était aveugle comme dans les textes homériques. Une première confirmation vient de l’aède Démodocos, qui apparaît dans l’Odyssée pour chanter des épisodes de la guerre de Troie, il est aveugle. Une autre vient de l’auteur de l’Hymne homérique qui déclare à son propre sujet : « C’est un aveugle, qui réside à Chios la rocailleuse ». Les bardes sont rituellement qualifiés d’aveugles. La perte de la vue est supposée stimuler la mémoire. De plus, symboliquement, l’aveugle est, dans les civilisations antiques, celui qui voit l’invisible transcendant et ne peut voir le visible immanent. C’est une incarnation de l’idée d’inspiration divine. Œdipe ou Tirésias en sont représentatifs. Le premier perd la vue quand il se met à voir la vérité et accède à une forme de sainteté. Le second reçoit la cécité en malédiction et le don divinatoire en compensation. Il est probable que la cécité d’Homère soit de ce type.

  Fils de Laïos et Jocaste, souverains de Thèbes, Œdipe abandonné dans les montagnes dès sa naissance après que l’oracle ait prédit qu’il tuerait son père et épouserait sa mère. Il est recueilli par un berger, qui le confie ensuite au roi de Corinthe, Polybe (Polybos).

  Plus tard, un autre oracle lui prédit qu’il sera le meurtrier de son père. Pensant que Polybos est son vrai père, Œdipe fuit pour éviter que la prédiction ne se réalise. Au hasard des chemins, il croise son père Laïos et ses serviteurs. Les prenant pour une bande de voleurs, il les tue, donnant finalement raison à l’oracle.

  Arrivé à Thèbes, il rencontre le Sphinx, qui pose une énigme à tous les voyageurs et dévore ceux qui ne savent pas répondre, bloquant ainsi l’accès à la ville et interdisant toute arrivée de vivres. En voyant Œdipe, le Sphinx lui pose la désormais célèbre énigme : « Quel est l’animal qui marche à quatre pattes le matin, à deux le midi et à trois le soir ? » Œdipe répond aussitôt: « L’homme qui, enfant, marche à quatre pattes, adulte sur ses deux jambes et vieillard en s’appuyant sur une canne. »

  Vaincu, le sphinx se tue en se précipitant d’une falaise. Œdipe sauve ainsi la ville de Thèbes, et devient un héros que les habitants récompensent en lui donnant pour épouse la veuve reine de Thèbes Jocaste, sa mère, celle qui la mise au monde. Il prend ainsi la place de son père et devient roi de Thèbes. Œdipe et Jocaste auront deux fils et deux filles. Plus tard, Thèbes étant ravagée par la peste, les oracles sont consultés pour connaître l’origine du mal (3).

Ils révèlent que l’épidémie est une punition divine, qui durera tant que l’assassin de Laïos ne sera pas châtié. Œdipe fait rechercher le meurtrier, mais finit par se rendre compte que c’est lui qui a tué le roi. Jocaste se suicide en apprenant qu’Œdipe est son fils, et lui-même se crève les yeux et renonce à la royauté. Quelques années plus tard, il est chassé de Thèbes. Sa fille Antigone l’accompagne et lui sert de guide. Il meurt en Attique sous la protection de Thésée. Ses fils se disputant le trône d’Œdipe, celui-ci avant de mourir les maudit et prédit qu’ils s’entretueront. "Avoir les chevilles qui enflent" : cette expression se dit de quelqu’un qui ne se remet plus ou moins jamais en question. La référence à Œdipe devient claire lorsque l’on sait que c’était un de ses traits de caractère et lorsque l’on comprend que son nom signifie littéralement "pieds enflés" en grec (4).

Jean-Bernard Pouchous - 2005.

N°1-Croquis A5

« J’assiste  à ma mort avec les forces entières de ma vie. » Marie François Pierre Gontier de Biran dit Maine de Biran  (1766-1824), philosophe français, dans "Journal", 1815 (1).

 

N°1 - S’élever.

  L’activité intellectuelle repose sur l’exercice de l’intelligence. L’intellectuel s’engage dans la sphère publique pour partager ses analyses, ses points de vue et défendre ses valeurs, il a selon son mode de communication, une forme d’autorité plus participative et idéologique que celle liée aux réflexions dans un cadre très conceptuel de l’ancien philosophe. Paul Charles Aymard Sartre plus connus sous son nom d’auteur Jean-Paul Sartre (1905-1980), dit qu’il est : « quelqu’un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas » (2), pour  Paul Nizan (1905-1940), ce sont de « nouveaux chiens de garde » (3) et pour Albert Camus (1913-1960), l’intellectuel  « ne peut se mettre au service de ceux qui font l’histoire : il est au service de ceux qui la subissent » (4). Mais peut-on être intellectuel cérébral et artiste manuel ?

  Légèreté, romantisme et joie de vivre sont perçus, dans le monde, comme une part essentielle de la culture française. Les sculpteurs  Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) (5), Antoine-Louis Barye (1795-1875) (6), Jules Dalou (1838-1902) (7),  François-Auguste-René Rodin (1840-1917) (8), ont-il été des intellectuels ? Non ! Des manuels ? peut-être! Des artistes ? Oui ! L’exercice de leur intelligence c’est développé dans leurs oeuvres et de maître à élève depuis la nuit des temps et dans le cadre de leurs divers ateliers. Aujourd’hui ce système de relations très intimes a été remplacé par l’institution d’écoles professionnelles privées ou publiques aux spécialités professionnalisantes ( ?). Quand dans ce nouveau cadre intellectuel, Jean-Bernard Pouchous se charge de cours de dessin pour un employeur pédagogique, il favorise le dessin avec les élèves et les dessine, comme le faisait ces illustres prédécesseurs qui ont tous eut des élèves. C’est une position difficile à tenir car tous les professeurs que ces élèves ont eut depuis la maternelle, non seulement ne dessinaient pas, mais surtout ne les avaient jamais dessinés. Sans enquête personnelle très poussée, tout artiste débutant apprend vite que presque aucun pédagogues ne s’étaient jamais fait tailler le portrait par un quelconque dessinateur, seuls l’album photos de famille et  des fois quelques films ou vidéos amateurs leurs permettaient de se regarder à travers la subjectivité toute relative d’un autre. La vacuité triompherait-elle ? Pour eux le dessin est une abstraction qui n’a aucun sens en terme d’action (dessiner ou pauser ?), ce sont des humanités voir de l’académisme, du négatif.

  Enfant et déjà artiste ? Le talent balloté entre inné et acquis est a jamais dénié. Aucun sens n’est recherché en terme de résultat puisque institutionnellement et  médiatiquement tout et rien est art aujourd’hui et maintenant pour tous et personne en particulier et en général. Le travail intellectuel d’apprentissage d’autrefois à fait place à l’expression libre "cri primal libérateur", "éjaculat précoce", il est considéré comme un pensum passéiste et réactionnaire, une "masturbation cérébrale" (8) ?), un vide.

Comment s’élever ?

« L’important intérêt de la psychanalyse pour la science de l’éducation se fonde sur un énoncé qui est parvenu à l’évidence. Ne peut être un éducateur que celui qui peut sentir de l’intérieur la vie psychique infantile, et nous adultes ne comprenons pas les enfants parce que nous ne comprenons plus notre propre enfance. » Sigmund Freud, dans "Résultats, idées, problèmes" (8).

« La voie normale de l’acquisition n’est nullement l’observation, l’explication et la démonstration, processus essentiel de l’École, mais le tâtonnement expérimental, démarche naturelle et universelle.» «Les acquisitions ne se font pas comme l’on croit parfois, par l’étude des règles et des lois, mais par l’expérience. Étudier d’abord ces règles et ces lois, en art, en sciences..., c’est placer la charrue devant les bœufs. » Célestin Freinet (1896-1966) dans  "Invariants pédagogiques"  (9).

  De la pratique !

  Le Triangle pédagogique (10) représente trois sommets: le savoir, l’enseignant et l’apprenant. Du point de vue scolaire on parle de "savoir, professeur et élève". Les côtés du triangle : Du côté savoir-professeur on retrouve l’enseignement, du côté professeur-élève on retrouve l’éducation et la formation, du côté élève-savoir on retrouve l’apprentissage. Ces trois côtés représentent un "processus" soit la relation entre deux pôles. D’un point de vue didactique et pédagogique: Le premier processus relève de l’élaboration didactique, le second de la relation pédagogique et le dernier des stratégies d’apprentissages. 

  La pédagogie et la didactique se doivent de réguler ces différents processus de manière à rendre l’apprentissage le plus efficace possible. Chaque processus du triangle est essentiel à l’apprentissage mais aucun ne doit être employé séparément des autres au risque de créer des dérives. Quand la pédagogie traditionnelle du côté du savoir privilégie la démarche didactique de l’enseignant en oubliant le système d’appropriation du savoir de l’élève, on parle de savoir réifié. Il y a dérive quand cette pédagogie oubli  la fonction de transmission de savoir de l’école face à un "zoom" sur les interactions en classe et quand elle donne sa préférence au rapport au savoir des élèves et oubli du rôle de médiateur et d’étayage du maître. On parle de réification du savoir en pédagogie, de façon essentiellement péjorative, pour décrire l’habitude des enseignants et élèves de considérer les objets d’un apprentissage comme existant par eux-mêmes. Objets qui doivent être transmis, acquis, emmagasinés et  restitués aussi fidèlement que possible lors des contrôles de connaissance.

  L’histoire de l’art a pour objet l’étude des œuvres dans l’histoire, et du sens qu’elles peuvent prendre. Elle étudie les conditions de création des artistes, la reconnaissance du fait artistique par un public, ainsi que le contexte spirituel, culturel, anthropologique, économique et social de l’art. La pédagogie par contre, est un art en soi, c’est l’art d’éduquer. Le terme désigne les méthodes et pratiques d’enseignement et d’éducation ainsi que toutes les qualités requises pour transmettre un savoir quelconque. Cet art, n’est pas né en occident et n’est pas une chasse gardée réservée à tel ou telle doctrine, elle peut être multimillénaire, exotique ou actuelle tout à la fois comme le montre le philosophe et éducateur  Jiddu Krishnamurti (1895-1986) (11) dans son "Education à la connaissance de soi" ou le  médecin et pédagogue italienne Maria Montessori (1870-1952) (12) et la pédiatre et psychanalyste française Françoise Dolto (1908-1988) (13) dans  leurs propositions pour des écoles libres non confessionnelles.

« Notre problème éducatif souffre en somme de ne viser unilatéralement que l’enfant qu’il faut élever et de négliger aussi unilatéralement le fait que les éducateurs adultes n’ont pas été eux-mêmes éduqués. Après avoir terminé le cycle de ses études, chacun a l’impression d’en avoir fini avec l’éducation, d’être, en un mot, un adulte. Il ne peut certes en être autrement ; il faut qu’il soit fermement persuadé de sa compétence pour pouvoir affronter la lutte pour l’existence. Le doute et le sentiment d’incertitude le paralyseraient et l’entraveraient, ils enfouiraient la foi si nécessaire en sa propre autorité et le rendraient inapte à l’exercice de sa profession. On veut l’entendre dire qu’il connaît son affaire et qu’il en est sûr, et non qu’il doute de lui-même et de sa compétence. Le spécialiste est condamné de façon absolue à la compétence. Personne ne peut développer la « personnalité » qui n’en a pas lui-même. Et ce n’est pas l’enfant, c’est uniquement l’adulte qui peut atteindre à la personnalité comme fruit mûr d’une activité de vie orientée vers ce but. Car dans l’accès à la personnalité, il n’y a rien moins que le déploiement le meilleur possible de la totalité d’un être unique et particulier. On ne saurait prévoir le nombre infini de conditions qu’il faut remplir pour cela. Toute une vie humaine avec ses aspects biologique, social et psychique y est nécessaire. La personnalité, c’est la suprême réalisation des caractéristiques innées de l’être vivant particulier. La personnalité, c’est l’action du plus grand courage de vivre, de l’affirmation absolue de l’existant individuel et de l’adaptation la plus parfaite au donné universel avec la plus grande liberté possible de décision personnelle. Elever quelqu’un en vue de cela me semble n’être pas une petite affaire. C’est sans doute la tâche la plus haute que se soit donnée le monde moderne de l’esprit. »  Carl Gustave Jung dans "Psychologie et Education" (14).

Jean-Bernard Pouchous - 2009.

Bibliographie

N°3-1- Aristote, Ingrid Auriol, Traité de l’âme ou de l’âme et du corps, éd. Pocket, coll. Agora, 2009.

N°3-2- Jean-Manuel Traimond, Ernesto Timor, Aladin, Guide érotique du Musée du Louvre et du Musée d’Orsay, éd. La Musardine, coll. Guides thématiques, 2008.

N°3-3- Dante Alighieri, La divine comédie, éd. Larousse, coll. Petits classiques, 2001.

N°3-4- Boccace, Décaméron, éd. LGF Livre de Poche, coll. Bibliothèque classique, 1994.

N°3-5- Jill M. Ricketts, Visualizing Boccaccio : Studies on illustration of the Décameron, from Giotto to Pasolini, éd. Cambridge University Press, coll. Studies in new Art History & Criticism, 1997.

N°3-6- Norbert Wolf, Giotto Di Bandonne (1267-1337) : le renouveau de la peinture, éd. Taschen France, 2006.

N°3-7- Guy Rachet, Le jardin de la rose : Les amours de Pétrarque et Laure, éd. Du Rocher, Coll. Grands romans, 2005.

N°3-8- Jean Favier, Les papes d’Avignon, éd. Fayard, 2006.

N°3-9- Pier Giogio Ricci, Nicolai Rubinstein, Censimento delle lettere di Lorenzio di Piero de Medici, Instituto nazionale di studi sul Rinascimento, Renaissance society of America, éd. L. S. Olschki, 1964.

N°3-10- Pétrarque, Séjour à Vaucluse, éd. Rivage poche, coll. Petite bibliothèque, 2009.

N°3-11- Pétrarque, L’ascension du mont Ventoux, éd. Poche, coll. Mille et une nuit, 2001.

N°2-1- Homère, traduction Louis Bardollet, L’Iliade et l’Odyssée, éd. Robert Laffont , coll. Bouquins, 1995.

N°2-2- Homère, La Bataille des rats et des grenouilles, faite à l’imitation de la Batrachomyomachie d’Homère, éd. M. Le Jeune,1580.

N°2-3- C. Olivier, Les enfants de Jocaste, éd. Denoël, coll. Femme, 1980.

N°2-4- Sophocle, Oedipe roi, éd. J’ai lu, coll. Librio Philosophie, 2004.

N°1-1-  Ernest Naville, Introduction Générale aux Oeuvres Inédites de Maine de Biran, éd. Biblio Bazaar, 2009.

N°1-2-  Jean-Paul Sartre, L’Etre et le Néant, éd. Gallimard, coll. Folio, 1996.

N°1-3-  Paul Nizan,  Les Chiens de garde, éd. Agone, coll. Contre-Feux, 1998.

N°1-4-  Albert Camus, L’étranger, éd. Gallimard, coll. Folio, 1971.

N°1-5-  Claude Jeancolas, Carpeaux peintre et sculpteur, éd. Edita, Genève, 1987.

N°1-6-  Anne Manoni, Antoine-Louis Barye, éd. L’Amateur, 1997.

N°1-7-  Pierre Cadet, L’édition des œuvres de Dalou par la Maison Susse, éd. La Gazette des Beaux-Arts, tome 126, février 1994.

N°1-8-  Gilles Neret, Auguste Rodin, Albums, éd; Taschen GmbH, 1996.

N°1-9-  Sigmund Freud, Résultats, idées, problèmes, PUF, 1998.

N°1-10- Célectin, Invariants pédagogiques, éd. de l'École moderne française Imprimerie C.E.L., 1954.

N°1-11- Jean Houssaye, Le Triangle pédagogique - théorie et pratiques de l’éducation scolaire, éd. Lang Peter Verlag, 1993.

N°1-12- Jiddu Krishnamurti, Réponses sur l’éducation, éd. Pocket, coll. Spiritualité, 2008.

N°1-13- Maria Montessori,  Les étapes de l’éducation, éd. Desclée de Brouwer, 2008.

N°1-14- Fabienne d’Ortoli, Michel Amram, L’école avec Françoise Dolto,  éd. LGF, coll. Livre de Poche, 1992.

N°1-15- Carl Gustav Jung, Psychologie et Education, éd. Buchet Chastel, Paris 1963.

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