STAR - N° 14 - 13

 

N°14-"Dernier vol - Quentin Roosevelt", 2013, acrylique sur toile, 97 x 195 cm.

« On croit que l'esclave est celui qui agit sur le commandement d'autrui et que l'homme libre se conduit selon son propre gré. Mais cela n'est pas absolument vrai. » Spinoza

 

N°14- Dernier vol.

 La peinture intitulée "Dernier vol - Quentin Roosevelt" représente Quentin Roosevelt (1897/1918), aux commandes de son Nieuport 28, volant au dessus du "Chemin des dames". Fils du président des États-Unis Théodore Roosevelt (1858/1919) et lointain cousin du président Franklin Delano Roosevelt (1882/1945). Quentin fit ses études à Harvard et fut diplômé en 1914. En 1915, il participe au camp d'entraînement d'été du général Wood, à Plattsburg, ce qui lui permet d'entrer dans l'AEF comme sous-lieutenant. Il  fait sa préparation militaire dans le Service Aérien de l'Armée (A.A.S.) sur l'aérodrome de Long-Island. Arrivé en France il partage la formation des Tommies sur la base d'Issoudun et est intégré le 9 juillet 1918 au 95e escadron aérien qui faisait partie du 1er. Groupe de poursuite, basé à Touquin. Il a été décoré de la Croix de guerre 1914-1918 avec palme. Quentin Roosevelt pilote de chasse de l'US Army mourut abattu en mission au dessus de Chamery, hameau de la commune de Coulonges-Cohan, dans l’Aisne, le 14 juillet 1918, derrière les lignes tenues alors par les Allemands.

  En effet, ce jour-là décollèrent de Saints une formation de Nieuport 28 qui se regroupe au-dessus de Coulommiers pour prendre de l'altitude et se diriger vers le front au nord de Château-Thierry.

  C'est là qu'eut lieu l'attaque.

  Le 16 juillet, la radio américaine interceptait un communiqué allemand disant : « Le 14 juillet, sept de nos avions de poursuite furent attaqués par des avions américains au nord de Dormans. Après une lutte acharnée, un des pilotes, après s'être battu vaillamment, fut tué de deux balles dans la tête. On l'identifia comme étant le lieutenant Quentin Roosevelt, des US Flying Corps, fils de l'ancien président. Nous l'avons enterré avec les honneurs militaires dus à son rang et à son courage. »

  Le 18 juillet, les troupes Américaines prenaient le village de Chamery où était tombé l'appareil de Quentin et ils découvraient la tombe du pilote avec une simple croix de bois sur laquelle on lisait : « Lieutenant Quentin Roosevelt, enterré par les Allemands » ainsi que, selon la coutume, les pales de l'hélice cassée et les roues tordues.

  Le journal allemand "Kölnische Zeitung" fit par la suite paraître l'article suivant : « L'aviateur de l'escadron américain, Quentin Roosevelt, trouva la mort d'un héros. Cette bataille consista en un duel aérien entre l'Américain et un pilote de chasse allemand, le sergent Greper. Après quelques tirs l'Américain commença à tomber et heurta le sol près du village de Chamery. L'aviateur américain fut tué de deux balles dans la tête. Ses affaires personnelles ont été ramassées avec soin afin d'être envoyées à sa famille. Il fut enterré par les aviateurs allemands avec les honneurs militaires. »

  Quentin Roosevelt n'avait pas 21 ans.

  Le 22 septembre 1955, les restes du pilote furent transférés au cimetière de Colleville- Saint-Laurent-sur-Mer (Omaha Beach) en Normandie (carré D, dernière rangée.) Il repose à côté de son frère aîné le général Théodore Roosevelt Junior (Ted) (1887-1944), général américain qui participa à la première vague d'assaut à Utah Beach le 6 juin 1944.

  En plus des officiels, assistait également à l'exhumation à Chamery un couple d'instituteurs, M. et Mme Coret, qui, depuis plusieurs années, avaient entretenu auprès de leurs élèves la mémoire de Quentin Roosevelt et qui furent à l'origine du 1er Memorial Day dans ce village en 1954.

  Cette œuvre faisait partie de l’exposition "Le chemin des Drames, vie et mort du Poilu pendant la Grande Guerre", exposition présentée dans le cadre des commémorations du centenaire de la guerre de 14-18, dont le commissaire était Noël Coret qui rendait peut-être ainsi un ultime hommage à la relation qu’avaient entretenue des années durant sa propre famille avec les descendants du Président Théodore Roosevelt (1).

Jean-Bernard Pouchous - 2013.

N°13-"Two weeks in september», 2010, acrylique sur toile, 195 x 97 cm.

« Le langue est un monde que l’esprit déploie entre lui et les objets. » Wilhelm von Humboldt (1827/1829) (1).

 

N°13 - Horla.

  La peinture intitulée "Two weeks in september", est une œuvre originale faite spécialement pour le Salon d’Automne à la demande de son président   pour rendre hommage à Laurent Terzieff parrain posthume  de l’édition 2010 du salon. Acteur et metteur en scène français né le 27 juin 1935 à Toulouse (France) cet homme à la carrière artistique exceptionnelle est mort le 2 juillet 2010 à Paris à l'âge de 75 ans à l'hôpital de la Salpêtrière (2).

  Jean-Bernard Pouchous connaissait Terzieff pour l’avoir vu (et écouté) sur scène au Lucernaire et à Chaillot, mais il garde surtout un souvenir inoubliable de son interprétation du court-métrage (38 minutes) de Jean-Daniel Pollet (1936-2004) "Le Horla" (1956). Adapté d’un récit fantastique de Guy de Maupassant (1850-1893) "Le Horla" se présente sous la forme d’un journal inachevé qui laisse craindre que son propriétaire n’ait sombré dans la folie.

 Pour réalisé cette peinture Jean-Bernard Pouchous s'est inspiré entre autre, des photos de plateau de "Two weeks in september" titrées de la version anglaise du film "A Cœur joie", ce titre est écrit en caractères rouges cernés de blanc sur le fond rose fluo.

  Sortie dans les salles en 1967. Laurent Terzieff en est le personnage principal avec Brigitte Bardot (1934-…) et Jean Rochefort (1930-…). Le film a été réalisé par Serge Bourguignon (1928/…) et tourné notamment à North Berwick en Ecosse et à Londres en 1966. Serge Bourguignon est très connu dans le milieu artistique, pour avoir réalisé en 1969 "Picasso Summer" (Ray Bradbury Story) dans lequel il incère une animation des peintures de Picasso notamment "Guerre et Paix" puis "Guernica", montée avec des documents d’actualités cinématographiques de 1937.

  Ce scope-couleurs "A Cœur joie" s’appelait en allemand "Naar Hartelust" comme on peut le lire en arrière plan, écrit en bleu cerné de jaune sur un encart orange en haut à gauche du fond rose fluo.

  L’histoire est typique des années 60 : Une cover-girl mariée s'éprend d'un garçon rencontré le soir du 14 juillet. Ils vont vivre un amour passionné jusqu'à ce que l'heure du choix arrive...

  Adoptant un style vestimentaire branché, Terzieff met à profit à l’image son sex-appeal, déclenchant l'hystérie de cinéphile, il interprète le rôle du jeune premier jouant avec la  bombe sexuelle BB en ces temps de guerre froide. Une époque massivement glacée comme les couvertures de ELLE ou Paris Match qui exploitent le “star system” pour réchauffer l’ambiance. Le climat ne se dégèlera jamais vraiment d’ailleurs, dans ce contexte de mondialisation, où même avec le vote des femmes (1954) et la mixité scolaire obligatoire (1975), malgré les événements de 68 et la révolution sexuelle, la libre contaception (1974) et l’interruption volontaire de grossesse (1979)… la lutte des sexes continue toujours.

  Work in progress… Y’a du taff…

Jean-Bernard Pouchous - 2010.

 

Bibliographie

N°14-1- Quentin Roosevelt, Kermit Roosevelt, Quentin Roosevelt : A Sketch with Letters, éd. Sagwan Press, 2015.

N°13-1-Alexis Philonenko, Wilhelm von Humboldt ou l'Aurore de la linguistique, éd. Belles Lettres, 2006.

N°13-2-Laurent Terzieff et Olivier Schmitt Laurent Terzieff, entretien, éd. Flammarion, 2001.

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now
Two Weeks In September

A/T, 195 x 97 cm., 2010