STAR - N° 6 - 5 - 4

N°6-"BB", 1983, acrylique sur toile, 100 x 81 cm.

N°5-"Tête 4", 1983, acrylique sur toile, 100 x 81 cm.

« Le monde naît, Homère chante. C’est l’oiseau de cette aurore. » Victor Hugo dans "William Shakespeare". (1)

 

N°6 - Grâce

  Les Grâces incarnent le désir de l’homme et présidant ainsi à toutes les activités ludiques ;  Euphrosyne, est la joie poussée à son sommet, l’allégresse, la joie de vivre que l’on ressent en toute "convivialité"; Thalie, est la personnification de l’abondance, voire la surabondance, le trop-plein de vie, qui se prodigue par le don ; Aglaé, ou Pasithée est la beauté dans ce qu’elle a de plus éblouissant, la splendeur. Il s’agit de la plus jeune, elle est aussi la messagère d’Aphrodite. Déesse de la germination, de l’amour et des plaisirs de la chair mais aussi de l’amour spirituel, pure et chaste dans sa beauté. Aphrodite fut appelée Vénus chez les romains. L’une tient des roses, l’autre, un dé à jouer, et la troisième, une branche de myrte ou alors, les trois tiennent chacune une pomme. Elle sont contraires aux soeurs des Moires, les Erinyes ou Furies en latin, divinités de la haine et de la vengeance : Tisiphone la vengeresse du meurtre, Mégère l’ensorceleuse et Alecto l’implacable. Ces divinités vengeresses hideuses ont de grandes ailes, des serpents pour cheveux, des fouets et des torches et du sang qui coule de leurs yeux (2).

  Qu’est-ce qu’ils ont de plus que nous ? - Ciné-monde (3).

  Jean-Bernard Pouchous a beaucoup peint de portraits de "star" (brillante ou éteinte) comme dans les peintures  intitulées "BB" ou "Tête 4", à la façon d’un Panthéon Hollywoodien (4) ou dans leur déclinaison en affiches de spectacle. Il y a un petit côté impersonnel dans ces visages que l’on dit gracieux. Une grâce à l’allure toute monacale pour Hitchcock, grand faiseur de "star" du box office, dont Grace Kelly (1929-1982) (5), qui devint princesse d’un rocher dominant un golfe méditerranéen très en vogue.

  Les antiques trois grâces sont toutes comparées aux Gorgones, aux Grées ainsi qu’aux Harpies en raison de leur apparence effrayante et sombre utilisée à tourmenter ceux qui font le mal ; elles les poursuivent inlassablement sur la terre jusqu’à ce qu’ils deviennent complètement fous. Les Heures sont aussi accompagnées des Nymphes connues pour s’associer au dieu Pan, le dieu de la totalité, de la Nature toute entière, ou  aux satyres et aux silènes qui forment le "cortège dionysiaque". Les Nymphes, sont des divinités de la nature, très féminines, d’une rare beauté, elles peuplent la plupart  des forêts et des bois, les montagnes et les bocages, sources et rivières, vallées fertiles et grottes... Simples mortelles vivant des milliers d’années, les nymphes insouciantes chantent dans les lieux qu’elles occupent. De leur union avec les mortels sont nés les héros mythiques dont les hauts-faits valent qu’on chante l’accomplissement de leurs actions d’éclat. Les demi-dieux, enfants des dieux et aussi des mortels avec eux, comme Héraclès, l’Hercule romain fut le fils, en son heure (6), d’Alcmène par Zeus ou encore de Persée, qui fut le fils de Danaée mais Zeus du se transformer en pluie d’or pour la séduire. Hyménée, dieu de l’union conjugale et Priape, dieu de la virilité, naquirent tous deux de l’union de Dionysos et Aphrodite, qui enfanta aussi par Hermès, Hermaphrodite, symbole de l’ambivalence sexuelle. Les poètes et les artistes représentent communément les Heures comme de gracieuses jeunes filles dansantes, avec un vêtement qui ne descend que jusqu’aux genoux, tenant des raisins, des épis, des rameaux fleuris à la main. Sur les monuments, elles paraissent toutes du même âge: leurs têtes sont couronnées de feuilles de palmier qui se redressent. Lorsqu’on fixa quatre Saisons, l’art introduisit à son tour quatre Heures mais les représenta dans des âges différents. L’Heure du printemps fut représentée sous la figure d’une adolescente aux traits naïfs, à la taille svelte et mince, aux formes à peine accusées. Ses trois sœurs augmentent en âge par gradation. Les Heures présidaient à l’éducation des enfants, et réglaient toute la vie des hommes : aussi les voit-on assister à toutes les noces célébrées dans la mythologie. Les modernes représentent les Heures avec des ailes de papillon.  Thémis "la loi divine", ordinairement les accompagne, et elles soutiennent des cadrans, des horloges, ou d’autres symboles de leurs attributions dans la fuite rapide du temps. Ces Heures prirent soin de l’éducation de Junon grande déesse romaine, à la fois soeur et épouse de Jupiter, dieu du ciel.  A Argos, on voyait sur un trône la statue de cette déesse, d’une grandeur extraordinaire, toute d’or et d’ivoire : elle avait sur la tête une couronne au-dessus de laquelle étaient les Grâces et les Heures. D’une main, elle tenait une grenade et de l’autre un sceptre, au bout duquel était un coucou. La déesse aimait cet oiseau, parce que quand Jupiter chercha à la courtiser, celui-ci prit l’apparence d’un coucou mouillé par une averse. Le coucou alla alors se réfugier sous la robe de la déesse et se blottir contre son sein pour se réchauffer et Jupiter à son grand étonnement reprit forme humaine et décida de l’épouser (7). Les querelles de Junon et de Jupiter ne sont, dit-on, qu’une allégorie : elles représentent les troubles, les perturbations de l’air ou du ciel. Ainsi, Junon serait l’image de l’atmosphère si souvent agitée, obscure et menaçante. Quant à Jupiter, il semblerait personnifier l’éther pur, la sérénité du firmament par-delà les nuages et les astres. Du reste, une expression de la langue latine paraît justifier cette conception. Les Latins disaient "passer la nuit sous Jupiter" pour dire "passer la nuit à la belle étoile", c’est-à-dire en plein air. En latin, le nom de ce dieu est employé poétiquement dans le sens de pluie, phénomène aussi inexplicable que la foudre pour les anciens. Le mot ciel vient du latin "caelum" qui implique une forme circulaire et contient une connotation de pureté et de perfection harmonieuse qui est le "ciel étoilé" et “firmament” divinité primordiale avant Jupiter. Le ciel est orné des signes zodiacaux issus de la mythologie grecque, qui sont liés aux croyances de l’astrologie (8). La nuit le ciel et peuplé d’étoiles mais aussi y brillent Mercure, Vénus et Jupiter, cette dernière étant la planète la plus grosse de notre système solaire. Jupiter est habituellement le quatrième objet le plus brillant du ciel après le soleil, la lune et Vénus et parfois Mars apparaît plus lumineuse que Jupiter, et de temps en temps Jupiter apparaît plus lumineuse que Vénus. Dans ces temps reculés, les étoiles comme les dieux à travers l’astrologie gouvernaient les femmes et les hommes. La terre était assujettit à leurs caprices et l’astrologue aidait à comprendre et prévoir le comportement de ces lumières divines (9). Ainsi les astres avaient une grande influence sur les hommes qui les jalousaient autant qu’ils les craignaient, qui les vénéraient comme des modèles, des idéaux...

  L’étoile apparaissait aussi  dans  les arènes et les cirques où se battaient autrefois les gladiateurs captifs de tout l’empire comme les fauves et autres bêtes féroces qui devaient aussi combattrent. L’étoile est  toujours le symbole peint en myriade sur tous les chapiteaux des cirques forains et autre "barnum" (10). L’anglicisme "star" signifiant "étoile" en français sert à désigner  une personne très connue, souvent idolâtrée par les adeptes, les fans du "star-system". 

  Orphée inspirerait-il encore la "star" actuelle ? Etoile issue du milieu du théâtre, de la danse et du chant (pom-pom girl), aujourd’hui appelé show-business ou "industrie du spectacle, du cinéma et de la télévision" (11).

  Le "Jugement de Pâris", premier "jugement de goût" sur la beauté du corps (12).

  Il y a longtemps aux noces de Pélée et Thétis sur l’Olympe, tous les dieux avaient été invités excepté Eris, déesse de la discorde. Pour se venger, elle leur envoya une pomme d’or sur laquelle était écrit: «à la plus belle». Trois déesses revendiquent immédiatement la pomme, il s’agit d’Athéna, Héra et Aphrodite. Afin de mettre un terme à la dispute entre les trois déesses, Hermès choisi Paris comme juge pour désigner la gagnante. Il se trouvait alors au mont Ida. Comme leur nudité était aussi splendide, elles essayèrent d’influencer le choix de Paris autrement. Héra promet au jeune homme un royaume, Athéna la sagesse et la valeur guerrière, et Aphrodite, l’amour de la plus belle femme de Grèce. Comme la rapporté Homère, Pâris choisit Aphrodite, entraînant ainsi doublement la perte de sa famille et de sa patrie: d’abord, en enlevant Hélène de Sparte, prix promis par la déesse, ensuite, en s’attirant l’inimitié fatale des deux autres déesses, qui se montreront adversaires acharnées des Troyens. "Iliade" (13). Vénus pour les romains, est la plus belle, une sorte de "miss univers" (14). Aujourd’hui, comme avant et peut être demain, la "star" est l’heureuse élue des concours de beauté ou du  mannequinât. Pour les hommes, les heureux élus sont choisis parmi les athlètes victorieux, par exemple aux jeux olympiques avec  Johnny Weissmuller (1904-1984) (15), qui joua dans "Tarzan, l'homme singe" (1932), pour les studios d’Hollywood inaugurant une impressionnante série de "movies stars" désirant incarner le légendaire héros (16) créé par  Edgar Rice Burroughs  (1875-1950), dans son roman de 1912 "Tarzan of the Apes" (17).

Jean-Bernard Pouchous - 2008.

N°4-"Portrait Star Muet", 1981, acrylique sur toile, 130 x 97 cm.

« Pourquoi tarder, pourquoi me dérober à la venue de Celui qui est né pour la perte du monde entier » Apulée, "L’Âne d’or ou les Métamorphoses".

 

N°4 - Si belle.

  La beauté des "belles" est un mystère peut partagé, comme nous le voyons dans ce portrait d’une star du cinéma muet appelé "Portrait Star Muet". En ces temps anciens c’était un culte pratiqué dans les bureaux de casting d’Hollywood. Le culte à mystère qui a le plus inspiré les artistes reste celui dédié à Orphée en référence auquel  par exemple Guillaume Apollinaire (1880-1918) écrivit un poème en 1908 (1), sorte de “langage lumineux”, dont il se servit pour baptiser en 1912 un nouveau mouvement artistique sous le nom d’ "Orphisme" (2), lors de l’exposition appelée "de la Section d’Or" (3). Ce mouvement artistique se rassemblait chez Jacques Villon, né Gaston Émile Duchamp (1875-1963) (4) à Puteaux. Tous ces "cubisteurs", partageaient un même intérêt pour le nombre d’or et la géométrie. Ces futurs "futuristes" (5), aimaient l’art africain, les recherches chrono-photographiques de Etienne-Jules Marey (1830-1904) (6) et de Eadweard Muybridge (1830-1904) (7), le développement des recherches optique et chimique (synthèse additive et soustractive) de la théorie des couleurs de Michel-Eugène Chevreul  (1786-1889) (8). Ces recherches évoluèrent vers le dynamisme puis le simultanéisme qui y prit naissance avec Sonia Delaunay  (1885-1979) et Robert Delaunay  (1885-1941)  (9).

  Orphée est un héros légendaire de la mythologie grecque. Aède mythique de la Thrace, fils du roi Œagre et de la muse Calliope, il savait par les accents de sa lyre charmaient les animaux sauvages et parvenait à émouvoir les êtres inanimés.  Il fut comblé de dons multiples par le dieu de la clarté solaire, de la raison, du chant, de la musique et de la poésie, Apollon  "le brillant" (10). Egalement honoré par les romains, il était consulté à Delphes où il rendait ses oracles par la Pythie. Orphée est aussi connu pour avoir participé à l’expédition des Argonautes au cours de laquelle il triompha des sirènes, mythe fondateur gréco-latin, comme bien d’autres si souvent représenté dans les chef-d’œuvres de la peinture renaissante (11).

Sa femme, Eurydice était nymphe des arbres et notamment du chêne l’"Arbre des Hespérides" d’où elle sortait comme toutes les autres Dryades  pour protéger les pommes d’or du "jardin des Hespérides" (12).

  Eurydice lors de son mariage avec Orphée fut mordue au mollet par un serpent. Elle mourut et descendit au royaume des Enfers. Orphée put, après avoir endormi de sa musique enchanteresse Cerbère, le monstrueux chien à trois têtes qui en gardait l’entrée, et les terribles Euménides, approcher le souverain des ombres, roi des morts, le dieu Hadès. Il parvint, grâce à sa musique, à le faire fléchir, et celui-ci le laissa repartir avec son "aimée" sous condition. Il fallait qu’elle le suive et qu’il ne se retourne ni qu’il lui parle tant qu’ils ne seraient pas revenus tous deux dans le monde des vivants.

  Mais au moment de sortir des Enfers...

Jean-Bernard Pouchous - 2008.

Bibliographie

N°4-1- Guillaume Apollinaire, Michel Vincenot, Le Bestaire ou Cortège d'Orphée, éd. Passage Piétons, coll. Conte à rebours, 2004.

N°4-2-Reynal Sorel, Orphée et l’Orphisme, éd. PUF, coll. Que sais-je?, 1995.

N°4-3- Cécile Debray, Françoise Lucbert, La Section d’or - 1925 - 1920 - 1912 - Musée de Châteauroux - Musée Fabre, éd. Cercle d’art, 2000.

N°4-4- Pierre Cabanne, Les 3 Duchamp : Jacques Villon - Raymond Duchamp-Villon - Marcel Duchamp, éd. Ides et calendes, 1975.

N°4-5- Giovanni Lista, Le Futurisme: Une avant-garde radicale, éd. Gallimard, coll. Découverte, 2008.

N°4-6- Michel Frizot, Etienne-Jules Marey : Chronophotographe, éd. Nathan, coll. Delpire, 2001.

N°4-7- Paul Hill, Eadweard Muybridge, éd. Phaidon, coll. 55, 2001.

N°4-8- Collectif, Michel-Eugène Chevreul - Un savant des couleurs!, éd. Museum National d’Histoire Naturelle, 1997.

N°4-9- Mireille Callu, Sonia et Robert Delaunay, éd. BNF, 2000.

N°4-10- Michel Legrain, Dictionnaire indiscret de l’Olympe, éd. Librairie Académique Perrin, 2006.

N°4-11- Marc Fumaroli, La Mythologie gréco-latine à travers 100 chefs d'oeuvres de la peinture, éd. Presses de la Renaissance, 2004.

N°4-12- Patrick Le Roux, Bernard Legras, François Cadiou, Claudine Audiard, Lydis Bodiou, Au jardin des Hespérides : Histoire - société et épigraphie - Mélanges offerts à Alain Tranoy, éd. PU Rennes, 2004.

N°6-1- Victor Hugo, Dominique Peyrache-Leborgne, William Shakespeare, éd. Flammarion, coll. Garnier Corpus philosophie, 2003.

N°6-2- Pierre Grimal, Récits et légendes de l’Olympe, éd. Larousse, coll. Dieux - mythes & héros, 2008.

N°6-3- Xavier Lambours, Michel Cressole, Ciné-monde - Qu’est-ce qu’ils ont de plus que nous ?, éd. L’Etoile, coll. Ecrit sur l’image, 1983.

N°6-4- Christophe Leclerc, Un Panthéon Hollywoodien, éd. Publibook, 2005.

N°6-5- Yann-Brice Dherbier, Pierre-Henri Verlhac, Grace Kelly : Les images d’une vie, éd. Phyb, coll. Les images d’une vie, 2006.

N°6-6- Dominique Buisset, Les Douze travaux d’Hercule, éd. Flammarion, coll. Castor poche, 1999.

N°6-7- Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, éd. PUF, coll. Grands Dictionnaires, 1999.

N°6-8- Gilles Van Heems, Dieux et héros de la mythologie grecque, éd. J’ai lu, coll. Librio repères, 2003.

N°6-9- Jacqueline de Romilly, La loi dans la pensée grecque, éd. Belles lettres, 2002.

N°6-10- Jean Monteaux, Barnum, éd. Grasset, 1975.

N°6-11- Françoise Benhamou, L’Economie du star-system, éd. Odile Jacob, 2002.

N°6-12- Damisch Hubert, Le jugement de Paris, éd. Flammarion, coll. Champs Art, 1999.

N°6-13- Homère, traduction Louis Bardollet, L’Iliade et l’Odyssée, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 1995.

N°6-14- Cinemonde, Miss Uniuvers à Hollywood - Notre reportage en couleurs, Cinemonde - 21e; année, N° 992, 1947.

N°6-15- David Fury, Hank Brown, Johnny Weissmuller : Twice the Hero, éd. Artists Pr, 2000.

N°6-16- Essoe Gabe, Tarzan of the movies, éd. Lyle Stuart, collection First Thus, 1968.

N°6-17- Edgar Rice Burroughs, Tarzan of the Apes, éd. BookSurge Publishing, 2002.

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