Portrait - N° 6 - 5 - 4

N°6-"Catherine et Jean-Bernard à Pélissanne en 1995", 2004, acrylique sur toile, 114 x 146 cm.

« L’homme naquit pour travailler, comme l’oiseau pour voler. » Rabelais (1).

 

N°6 - Qu’est-ce que la réalité.

  Cette peinture intitulée "Catherine et Jean-Bernard à Pélissanne en 1995" est comme une façon de présenter Jean-bernard Pouchous accompagné de son épouse Catherine Derosier. L'artiste a pris son temps, commencé l’oeuvre en 1995, le dernier coup de pinceau fût seulement posé en 2007. L'un et l'autre nous regarde ou ils se regardent dans un miroir, ou ils regardent l’objectif d’un appareil photo (comme vous voudrez), à la sortie d’une bonne baignade sous 40° à l’ombre cet été là. A l’arrière plan nous distinguons une petite piscine privée, un mirabellier assez flou, puis derrière un muret, un jardin dont le feuillage des arbres fruitiers laisse vaguement apparaître une caravane rangée contre un garage. Nous sommes à Pélissanne dans les Bouches du Rhône.

  Nous sommes aussi face à une représentation picturale.

  Voilà la réalité d’un instant passé, d’un moment perdu à jamais, quelque part, grâce à la médiation d’une impression argentique. Au-delà de nous situer dans le temps et l’espace, cette image est un élément matériel d’un fait empirique, une expérience observable, un objet tangible, le "cliché" photographique est surtout la perception d’un phénomène : la réalité.

  Qu’est ce que la REALITE ?

  D’aucun avance que la réalité est faite des éléments effectifs qui constituent le monde, le monde dans son ensemble, ou ce qui est donné, ce qui est actuel dans la représentation.

  D’autre dise que la réalité est ce qui existe indépendamment du sujet, qui n’est pas le produit de la pensée, et ce qui est l’objet d’études des sciences, la nature par exemple!

  Naïf !  Disent ceux qui pensent que c’est ce  qui est donné par les sens, donc ce que l’on voit, ce que l’on touche, etc.

  Encore plus naïf ! Répondent d’autres ! Soit les données des sens sont réelles du fait d’une certaine idée de la réalité comme un ensemble - plus ou moins homogène - d’opinions confuses, de préjugés populaires, de présuppositions généralement admises et évaluées positivement ou négativement, sur lesquelles se fonde toute forme de communication. Le sensible soumis à l’étude des propriétés générales de ce qui existe (l’étude de l’être en tant qu’être), est alors inconsistant, son statut de réalité est difficile à déterminer. Soit les sens eux-mêmes, sont la réalité. Le sensible est dans ce cas changeant, les réalités que nous y saisissons dépendent de la relation que nous avons avec elles, et les sens sont une source d’illusion. La réalité en elle-même est inconsistante.

   Nous voilà à présent bien avancé face à divers réalismes.

  En fait il semble que la réalité soit une affaire de croyance. Le statut de la réalité sensible devient problématique sitôt que les phénomènes se montrent contradictoires, cette croyance qui nous fait tenir quelque chose pour réel, qui nous fait tenir le sensible pour réel, est alors ébranlée. Il semble même impossible d’identifier sensible et réalité. Faisons appel à notre référent français par excellence : le cogito cartésien ! René Descartes (1596-1650), dans les Méditations Métaphysiques (1641) (2), fonde par le "solipsisme" (3) la justification de toutes connaissances du monde sensible sur la certitude de sa propre existence en tant qu’être pensant (ego sum, ego existo -  je suis, j’existe) et sur la garantie divine, justifiée par la parfaite bonté de l’être suprême, qui ne peut vouloir berner. Il préfigure ainsi l’arrivée de la subjectivité dans la philosophie moderne, la subjectivité consistant à mener ses réflexions à partir de l’observateur lui-même plutôt que de préexistants comme Dieu, monde, l’être ou le langage ainsi que dans les systèmes précédents.

  Catherine et Jean-Bernard restent là, interdis, suspendus dans le temps et dans l’espace d’une image peinte, attendant une réponse improbable.

Jean-Bernard Pouchous - 2006.

N°5-"Catherine 1987", 2005, acrylique sur toile, 195 x 97 cm.

« Souffrir sans amour, l’oublies-tu parfois ? » et « Parfois, tu oublies l’amour sans souffrir. » Phrase anacyclique.

 

N°5 -Et j’ai ri.

 « Et maintenant, chantez d’une douce voix la tribu des femmes,

Muses de l’Olympe, filles de Zeus porte-égide. »

  Ces vers qui semblent annoncer le "Catalogue", on peut les lire à la fin de "La théogonie d’"Hésiode" (1). Le "Catalogue" retraçait  la généalogie d’héroïnes mythologiques célèbres et de leurs descendants, mêlant dieux et mortels. Poème épique partiellement perdu de la Grèce antique, il est également connu sous le nom d’Éhées ou Éées dérivé de la formule ê hoiê, « Ou telle femme... », qui introduisait chaque strophe du poème. De plus, on considère généralement que les 54 premiers vers du Bouclier d’Héraclès, œuvre également attribuée à Hésiode, sont tirés du  "Catalogue". 

  Ces vers sont consacrés à Alcmène :

« Telle aussi, délaissant sa maison et la terre de son père,

Vint à Thèbes, pour suivre le vaillant Amphitryon,

Alcmène, fille d’Électryon qui rassemble les peuples (...) » 

Remake :

« Telle aussi, délaissant sa maison et la terre de son père,

Vint à Paris, pour suivre le vaillant Jean-Bernard Pouchous,

Catherine, fille Derosier aux récits éponymes de films (...) » 

  Suite : Ainsi  s’inscris dans le  "Catalogue de la tribu des femmes", l’épique Catherine Derosier, qui nage sur l’écran liquide du ciel  où se reflètent les poissons volants de roses en rosiers en écoutant le son seul d’un chinois: « Qui voit le ciel dans l’eau voit les poissons dans les arbres ».

  Jean-Bernard pouchous a peint cette peinture intitulée "Catherine 1987",  au nom de cette rose aimée dont je partage l’amour avec  Guillaume de Lorris (1200-1260) (2) qui dans ces poèmes vantait les charmes de la courtoisie et des dames,  le parfum de leur jardin secret, au nom du "Combat d'amour" du "Songe de Poliphile" (3), au nom de l’île de la contemplation où vit Baubo la vulve mythique (4). Pouchous aime collectionner de bels moeurs et il est de fait grand amateur du "Catalogue de la tribu des femmes", il y lit le mode d’emploi d’Eros et de Psychée, de Volupté et de Vertue, il travaille dans le silence. Il pratique l’autodiscipline comme habitude de vie. L'artiste est grand amateur d’art car il  y en a davantage, il y en a plus des amateurs car selon le contexte, ce mot désigne tout à la fois une personne avertie comme une ignorante, où il n’y a plus d’amateur, il n’en reste pas?

  Amateur de l’amour et amoureux de photographie.

  Amateur de photographie et amoureux des amateurs.

  Amateur d’amoureuse et photographe de l’amour.

  Jean-Bernard Pouchous n'a pas été le seul à dépeindre Psychée amoureuse d’Eros et a enfanté Volupté, ou à moins qu’il ne s’agisse d’Eros découvrant la beauté de Psychée. De ces rencontres fortuites, dans leurs errances toutes sérieuses, de prise de vue furtive en pause interminable, les photographes en ont fait de voluptueux clichés (5).

« Un jour, je bavardais dans un café avec Marie Vassilieff... De l’autre côté de la salle, deux jeunes femmes étaient assises,  je leur donnais moins de 20 ans, pensant qu’elles essayaient de paraître plus âgées en se maquillant outrageusement, et en se coiffant comme le faisaient alors les femmes élégantes: les cheveux coupés court avec une frange jusque sur les yeux. La plus jolie des deux avait des boucles qui lui descendaient sur les joues à la manière, pensais-je, des petites amies des apaches parisiens. D’un geste, elle salua Marie qui me dit que c’était Kiki, le modèle favori des peintres » Man Ray (1890-1976) dans "Autoportrait 3" (6).

  Et bien mon Kiki, dans quel but l’art existe-il ? L’art peut-il jouer un rôle critique ou se cantonner à la sobre neutralité ?

  La période où l’idée de progrès a été la plus étendue s’appelle  pourtant bien  "modernité". Comment l’art se positionne t-il face à l’idée de progrès ?

  D’un coté il faut bien reconnaître que l’art est dépendant d’un certain progrès technique (mécanique, électricité, chimie, imprimerie, photographie, cinéma, électronique...), le mot "art" vient d’ailleurs du latin "ars" traduisant le mot grec "téchnê"; d’un autre côté, dire que l’art doit retranscrire une idée, l’obliger à choisir, c’est l’asservir et aller contre sa revendication de liberté. Comme le dit Valentin Louis Georges Eugène Marcel Proust (1871-1922), l’homme de la recherche du temps perdu : « une œuvre où il y a des théories est comme un objet sur lequel on laisse la marque du prix. »

  Le peintre lorrain Claude Gellée, dit le Lorrain (1600-1682) (7) a peint en 1669, "Paysage avec la nymphe Égérie pleurant Numa", exposé à Naples, au Museo Nazionale Capodimonte, où il a mis en scène "Égérie" dans un décor de nature contemplative (8). Numa Pompilius (-715 à -673) est le deuxième roi légendaire de Rome (9). Les romains racontent qu’il eut pour conseiller politique la nymphe "Égérie" parce que souhaitant lui démontrer sa faveur, Jupiter fit tomber sur le mont Palatin un bouclier prophétique.    

  Reconnaissant l’importance de ce bouclier divin, le roi Numa en fit produire onze répliques. Ces objets en forme de 8, devinrent les "ancilia" lié au culte de Mars et faisaient l’objet d’une procession annuelle. Égérie habitait le bois d’Aricie, voisin de Rome. Numa Pompilius s’enfonçait dans ce bois sous prétexte de consulter cette nymphe, afin de donner à ses desseins l’autorité de la religion. On montre encore aujourd’hui près de l’ancienne Porte Capène là ou la voie Appienne pénétrait dans Rome, dans le vallon de la Caffarella, la grotte et la fontaine d’Égérie.

  Selon la tradition, ce roi amena un  certain progrès dans le cours de l’histoire de cette cité d’éternité, Numa promulgua une réforme du calendrier dans le but d’ajuster les années solaires et lunaires, et il établit la constitution originelle des prêtres, appelés pontifes.

  Dans ce cas là, comme beaucoup de poète l’oublie, il ne faut pas confondre la Muse qui inspire et amuse et l’égérie qui agit et inspire l’homme de pouvoir, l’écrivain, l’artiste, etc. Après les atrocités des deux dernières grandes guerres mondiales, Egérie et Muse s’attrape le chignon, il est devenu quasi naturel de critiquer l’idée de progrès, à tel point que celui-ci est à présent plus un idéal d’adolescent qu’une véritable réalité de fait. Si l’on parle encore de progrès social, c’est pour regretter son inexistence, pour le reste tout le monde s’accorde à dire que l’on est en pleine phase de régression avec notamment la défaite de la culture et du politique; on préfère le mot réforme au mot progrès.

Jean-Bernard Pouchous - 2009.

N°4-"Bain d’eau  en 1987", 2004, acrylique sur toile, 130 x 130 cm.

« Comme ce carré bleu l’a vêt d’un d’eau nue ! »

 

N°4 -En ce temps là!

  En 1987 Catherine et Jean-Bernard sont jeunes mariés, c’est l’été Madame profite de ses vacances à nager au soleil. Faisant notre le dicton qui dit que « pour vivre heureux, vivons caché », nous profitons de ces jours heureux cachés dans le sud à vivre en toute intimité.

  Cette peinture intitulée "Bain d’eau  en 1987" a été peinte pour matérialiser ces doux moments passés entre Psychée et Cupidon.

  Les mariés vivaient à Paris, à cette époque et c’est François  Mitterrand (1908-1991) qui était alors notre Président de la république (21 mai 1981 au 17 mai 1995) (1) et le Premier ministre était Jacques Chirac (1932-…) (cohabitation depuis le 20 mars 1986) (2). Programme politique tout culturelle, cette année là : 

  Mars, inauguration de la Pyramide du Louvre et lancement de la construction du parc d’attraction Eurodysney.

  Avril, privatisation de TF1.

  Mai, inauguration du Futuroscope de Poitiers.

  Novembre, inauguration de l’Institut du monde Arabe à Paris. Décembre, la population mondiale franchit discrètement le cap des 5 milliards (3).

« Plus la position est élevée dans l’échelle sociale et plus le taux de célibat progresse : 10% chez les ouvrières, il atteint 24% chez les femmes cadres supérieures. (...) Plus la position est élevée dans l’échelle sociale et plus le taux de célibat progresse : 10% chez les ouvrières, il atteint 24% chez les femmes cadres supérieures. (...) Près de 28% des femmes célibataires sont cadres moyens ou supérieurs contre 8% des hommes célibataires; 14% des femmes mariées sont cadres contre 21% des hommes mariés. » (…) dans les années 80, une chose changea dans la représentation de l’individu hédoniste : son épanouissement, il n’allait le devoir qu’à lui-même. (...) L’individu conquérant de la mythologie hexagonale était l’analogue du self-made-man américain, un des traits du mode de vie de la culture politique des Etats-Unis. (...) La rapide montée en puissance du thème de l’individualisme au cours des années 80 s’est construite à la fois comme le symbole de la valorisation des initiatives de la société civile et la crise de la représentation politique. Ce que la politique ne pouvait plus faire, l’économique allait s’en occuper : l’entreprise, nouvelle solution miracle, devenait citoyenne. » Alain Ehrenberg (1950-…) (4).

  En 1987 la présidence était socialiste est le gouvernement  composé de RPR (gaulliste) et d’UDF (Démocrate Chrétien, Centre-droit), c’est la cohabitation (5). Une guerre ouverte s’installe alors entre  le chef de l’exécutif  Jacques Chirac (1932-…) chef de la coalition de droite et le Président François Mitterrand (1916-1996), critiquant ouvertement l’action de son Premier ministre, se pose en président impartial.  Il refuse de signer certaines ordonnances et Jacques Chirac doit recourir au fameux article 49-3, et l’opinion publique se lasse des méthodes et des réformes du gouvernement.

« Privatisation de la vie publique et publicisation de la vie privée sont le double processus que ces changements recouvrent. L’individualisme contemporain est le produit de leurs mutations parallèles. (…) Ingestion de substances psychotropes et exposition télévisuelle sont utilisées ici comme deux entrées sur la distance qui fait lien. La télévision et la drogue sont approchées comme des mythologies de la liberté : elles expriment les dilemmes de la liberté qui accompagnent les mutations de l’imaginaire égalitaire, elles nouent différemment des contradictions de la liberté qui sont moins visibles ailleurs. » Alain Ehrenberg dans  "L’individu incertain".

  La plupart des entreprises publiques françaises le sont depuis les nationalisations de 1945. L’État a vendu une partie de ces participations à partir de 1986 par une grande vague de privatisations sous le  gouvernement Chirac.

  Edulcorer :

  Nous sommes dans un amphithéâtre bondé, un homme fait face à l’hémicycle, debout, derrière une table sur laquelle sont posé un verre vide et une carafe d’eau.

« Mesdames et Messieurs regardez à ma gauche, cette carafe remplie d’eau limpide à la source de nos espérance, c’est la France. »

Ding… ding… Notre bonimenteur tapote de la pointe d’une règle agitatrice le verre de la carafe dont il fait tinter avec assurance, le son de cristal.

« Maintenant regardez ce morceau de sucre je tiens entre le pouce et l’index de ma main droite et imaginons qu’il s’agit d’un homme politique.

Maintenant faisons l’expérience.

Supposons que cet homme politique vous fasse envie parce qu’il est carré, blanc et sucré, ce qui d’ailleurs vous a incité à l’élire pour qu’il se mouille à votre place.

Plongeons ce doucereux dans la France…

Plongeons ce morceau de sucre dans l’eau de la carafe !

Agitons ! Que se passe-t-il, alors ?

Commentez ! »

Jean-Bernard Pouchous-2006.

Bibliographie

N°6-1- François Rabelais, Jean Céard, Gérard Defaux, Michel Simonin, les cinq livres, éd. LGF, coll. La Pochothèque - Livre de Poche, 1994.

N°6-2- René Descartes, les Méditations Métaphysiques (1641), éd.  Flammarion, coll. Garnier Philosophie, 1993.

N°6-3-Jean-Luc Petit, Solipsisme et intersubjectivité - Quinze leçons, la nuit surveillée sur Husserl et Wittgenstein, éd. Cerf, coll. La Nuit Surveillée, 1996.

N°5-1- Hésiode, La théogonie - Les travaux et les jours et autres poèmes, éd. Aire, 2005.

N°5-2- Guillaume de Lorris, Le Romance De La Rose, éd. Flammarion, coll. Garnier Littérature bilingue, 1999.

N°5-3- Gaëtane Lamarche-Vadel, Guillaume de Lorris, Jean de Meun, Les Jardins secrets, éd. Mercure de France, coll. Petit Mercure, 2004.

N°5-4- Devereux, Baubo : la vulve mythique, éd. Jean-Cyrille Godefroy, 1992.

N°5-5- Gérard Zwang, Atlas du sexe de la femme, éd. Le Magasin Universel, 1996.

N°5-6- Herbert Lottman, Man Ray à Montparnasse, éd. Hachette Littératures, coll. Essais, 2001.

N°5-7- Helen Diane Russell, Pierre Rosenberg, Claude Gellée dit Le Lorrain - 1600-1682, éd. Musées nationaux Grand Palais, 1983.

N°5-8- Raffaele Milani, Gilles-A Tiberghein, Esthétiques du paysage : Art et contemplation, éd. Acte Sud, coll. Nature, 2005.

N°5-9- Alexandre Grandazzi, Les Origines de Rome, éd. Puf, coll. Que sais-je ?, 2003.

N°4-1- Hubert Védrine, Les mondes de François  Mitterrand, éd. Fayard, 1996.

N°4-2- Thomas Lavieille, Jean-Robert Jouanny, A la recherche de Jacques Chirac, éd. Buchet-Chastel, coll. Documents, 2009.

N°4-3- Gilles Pison, Atlas de la population mondiale/ Faut-il craindre la croissance démographique et le vieillissement ?, éd. Autrement, coll. Atlas Monde, 2009.

N°4-4- Alain Ehrenberg, L’individu incertain, éd. Calman-Lévy, 1995.

N°4-5- Christine Clerc, Histoire du 1er. Gouvernement de la cohabitation, éd. Belfond, 1985.

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now